J'ai rencontré le jeu vidéo par hasard, à une époque où ce terme n'était pas encore connu du grand-public. Je me souviens que c'était pendant les vacances d'été de 1982, chez une amie de ma mère où nous étions invités. Comme les distractions étaient inexistantes pour le garçon de 11 ans que j'étais alors, j'ai feuilleté le catalogue automne-hiver de la Redoute pour regarder la partie 'jouets' et je tombe sur ce truc que je ne connaissais pas (ou dont j'avais juste vaguement entendu parler) : une console de jeux vidéo.
Alors bien sûr, c'était une machine très simple. Une console avec 10 jeux intégrés, tous des variantes de Pong pompeusement intitulés 'Tennis', 'Ping Pong', 'Badminton', etc. Le tout en noir et blanc bien évidemment.
Et là, c'est le flash : "Je veux ça pour Noël". Oui... à cette époque, mes revenus étaient nuls, littéralement. Pas d'argent de poche, donc pour espérer un cadeau comme une console de jeu, il fallait être patient. Mon anniversaire était déjà passé, le seul espoir de cadeau restait donc Noël, et nous n'étions qu'en août... Ma passion naissante allait-elle résister jusque là, ou n'était-ce qu'un feu de paille allumé dans un moment d'ennui ?
Les semaines passent, l'école a repris et je n'en démords pas, pour Noël, je veux une console de jeu. Mon père me dit alors un jour qu'il existe des consoles plus évoluées que celle que j'avais vue dans le catalogue, et il m'apporte diverses publicités de consoles aux noms étranges : Philips Videopac, Atari VCS, et quelques autres dont j'ai oublié le nom (des étoiles filantes qui ont fini dans les limbes de l'histoire du jeu vidéo)...
C'est l'Atari qui retient mon attention. Apparemment, elle propose plein de jeux différents et on peut changer les cartouches (les 'cassettes' comme on disait souvent à l'époque), contrairement aux consoles plus basiques qui n'ont qu'un nombre limité de jeux intégrés. En plus, elle a des super graphismes en comparaison du Vidéopac et des consoles basiques.
Noël approche, j'ai bien tanné toute la famille pour avoir mon Atari et sous le sapin, je sais que la grosse boîte est pour moi. Le 25 décembre 1982, je commence mon voyage dans le monde du jeu vidéo.
Alors que j'écris ces lignes, nous sommes en 2008, le jeu vidéo existe toujours, il n'aura pas été qu'une mode comme les réfractaires auront tenté de nous le faire croire. À l'instar du rock ou du jeu de rôle, le jeu vidéo a d'abord fait une timide apparition, s'est répandu petit à petit, il a fait (et fait encore) l'objet de vives critiques souvent délirantes. Il est considéré par certains comme le mal absolu, comme un loisir abrutissant, on l'accuse de désociabiliser les enfants, de les pousser à la violence, de déclencher des crises d'épilepsie, etc. etc. etc.
Mouais... Voilà maintenant 26 ans que je joue à des jeux vidéo et je ne suis ni psychopathe, ni dangereux, ni attardé. Bref, comme pour toute chose, le jeu vidéo n'est nocif qu'à hautes doses, s'il devient obsessionnel et que l'utilisateur n'arrive plus à s'en passer. Sinon, il n'est jamais qu'un loisir, comme le cinéma ou la lecture, et au contraire de la télévision par exemple (qui elle, mériterait d'être bien plus stigmatisée), le joueur est actif devant son écran.
Au cours de mes 26 ans de jeu vidéo, j'ai dû jouer à des centaines, peut-être des milliers de jeux sur des ordinateurs et des consoles de conception et d'origines très différentes. Mon but n'est pas ici de retracer l'histoire du jeu vidéo (de nombreux autres sites sont dédiés au sujet), mais je vais vous présenter mon histoire personnelle du jeu vidéo.
Histoire d'un joueur vétéran, volume 1...